La matière du temps, paysages en mouvement de Max Barrett






La même démarche, retournée vers le paysage. Le mouvement de l'appareil grave le lieu plutôt qu'il ne le représente.
Ce n'est pas le lieu qui importe. C'est ce qu'il reste quand on cesse de vouloir le saisir.
Le paysage sans le décor
La matière du temps applique au paysage ce qu'Avant d'oublier fait au visage. L'appareil bouge pendant la pose, et le lieu cesse d'être un décor reconnaissable pour devenir une masse, une bande de couleur, une densité. Une colline garde son relief mais perd son nom. Une plage se réduit à trois lignes horizontales au crépuscule.
Ce n'est pas une série sur des endroits. Aucune image ne cherche à documenter un site ni à en donner l'adresse. Ce qui l'intéresse, c'est ce qui subsiste d'un lieu quand on renonce à le décrire : une lumière, une couleur dominante, une orientation de la matière.
Comment les images sont faites
La technique tient au geste. Pendant l'exposition, l'appareil est déplacé lentement, le plus souvent dans le sens du relief, ce qui étire la scène en stries continues. La durée de pose varie avec la lumière disponible, d'une fraction de seconde en plein jour à plusieurs secondes au crépuscule.
Rien n'est ajouté au traitement. Les couleurs viennent de l'heure et de la météo, pas d'un filtre : les images faites à la tombée du jour donnent ces gris lavés et ces bruns doux, celles faites sous un ciel couvert produisent des blancs qui montent jusqu'à effacer la ligne d'horizon.
La série est en cours. Elle s'enrichit au fil des repérages.
Tirages et acquisition
Comme les autres séries, chaque image est tirée en exemplaire unique sur le papier de chanvre de Jean-Pierre Gouy, au format 25 × 32 cm. Les fichiers numériques haute résolution sont disponibles séparément, avec livraison internationale.