Crosswalk, photographie de rue au format 2,4:1 à Paris










Figer l'instant dans la rue pour révéler ce que les gens composent sans le savoir : des poses naturelles, des tableaux involontaires dans le flux. Le cadre 2,4:1 impose son horizon, la scène s'étire, respire, se lit de gauche à droite comme une image de cinéma.
Ce n'est pas la rue qu'on photographie. C'est ce qui s'y dépose.
Ce que la rue compose sans le savoir
Crosswalk est une série de rue faite à Paris, autour des passages piétons. Le point de départ est une observation simple : au feu rouge, un groupe de gens qui ne se connaissent pas se place, attend, se répartit, et forme pendant quelques secondes une composition que personne n'a voulue. Puis le feu passe au vert et tout se défait.
Chaque image cherche cette seconde-là. Personne ne pose, personne ne regarde l'appareil, et pourtant les corps s'organisent : un intervalle régulier entre deux silhouettes, une couleur qui répond à une autre à l'autre bout du cadre, quelqu'un qui traverse à contresens et casse la ligne.
Le format 2,4:1
Le cadre est celui du cinéma large. Ce n'est pas un recadrage décoratif, il change la lecture de l'image. Un cadre carré concentre l'attention au centre ; un cadre très allongé oblige l'œil à parcourir la scène de gauche à droite, comme un plan. Les personnages y deviennent des points dans une ligne, et l'espace entre eux devient un sujet à part entière.
Les images sont faites à hauteur de regard, à distance, sans flash. La série couvre les quatre saisons : la pluie sur l'asphalte en décembre, la lumière rasante de janvier qui allonge les ombres sur le trottoir, le plein soleil d'août sur un pont.
Tirages et acquisition
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