Avant d'oublier, portraits en longue exposition de Max Barrett

Portrait flou d'une femme en pull rose vif sur un chemin forestier
Avant d'oublier (2024–2025)
Portrait flou d'une femme en pull rose vif sur un chemin forestier
Portrait en longue exposition d'une femme blonde, cheveux emportés par le mouvement
Portrait flou d'un homme âgé à barbe blanche sur fond sombre
Homme en veste noire devant des bouleaux, visage effacé par le mouvement
Homme à lunettes devant une barrière de campagne, visage en surimpression
Portrait flou d'une femme âgée au châle bleu clair dans une pièce lumineuse
Personne en chemise à carreaux rouge devant un mur de brique, visage en suspens
1 / 7

Le visage est la forme que nous reconnaissons le plus instinctivement. Dans ces images, cette reconnaissance est mise en suspens, non pour disparaître, mais pour révéler ce qui reste quand la certitude s'efface.

Le flou n'est pas un accident ni un effet. C'est une position.

Le visage comme vestige

Avant d'oublier réunit des portraits réalisés en longue exposition entre 2024 et 2025. Le visage y est présent et insaisissable à la fois : on reconnaît une posture, une couleur, un âge, mais jamais tout à fait quelqu'un. Ce qui subsiste tient à peu de chose, la ligne d'une épaule, l'ombre d'une paire de lunettes, un pull rose dans un sous-bois.

La série part d'un refus simple : ne pas arrêter le visage sur une image définitive. Un portrait net fixe une personne dans un instant et prétend la contenir. Ici, la durée de la pose laisse au sujet la possibilité de bouger, donc de résister.

Comment les images sont faites

Tout se joue à la prise de vue, au Hasselblad 907X. Aucune image n'est floutée après coup. L'exposition dure assez longtemps pour que le mouvement du modèle, ou celui de l'appareil, s'inscrive dans la même vue. Certains portraits superposent plusieurs expositions, ce qui fait apparaître ces traits fins qui traversent parfois le visage comme un dessin resté en surface.

Le travail se fait en lumière naturelle, dehors le plus souvent, parfois dans une pièce ordinaire. Rien n'est mis en scène : les personnes photographiées posent normalement, et c'est le temps qui déplace le reste.

Tirages et acquisition

Chaque image existe en tirage unique sur un papier de chanvre fabriqué à la main par Jean-Pierre Gouy, maître papetier en Corrèze. La fibre de chanvre a un grain irrégulier qui absorbe l'encre sans la lisser : le tirage garde une matière propre, qui prolonge le sujet de la série. Format 25 × 32 cm.

Les fichiers numériques haute résolution sont également disponibles, avec livraison internationale.